Je me demandais benoîtement ce matin, alors que la radio relatait la grêve spontanée des employés SNCF de la gare Saint-Lazare à Paris, pourquoi la droite ne tenait jamais ses engagements de sécurité, qui constituent pourtant depuis des lustres son fond de commerce électoral et idéologique. Hein qu’elle est bonne la question ! C’est Kiki qui m’a apporté la réponse. Brillante Kiki.
La droite ne souhaite pas l’ordre. Elle ne souhaite que l’ordre visible. L’ordre apparent. La poigne du chef, l’autorité qui remet chacun à sa place. Pérorer, oui, agir, non. Liberté ? Sens médiéval pour la droite : chacun à sa place dans la hiérarchie. Si elle se préoccupait vraiment de la sécurité des gens qui en ont besoin, elle perdrait son principal arsenal, qui marche à tous les coups. En tout cas chaque fois que les électeurs sont déçus de la gauche. Pourtant, qui pourrait argumenter contre un renforcement de la sécurité des chauffeurs de train, de bus, de RER ou de métro ?..
Je connais cette peur, pour l’avoir éprouvée en début de carrière, dans certains établissements dits “difficiles”. La peur simple et obsessionnelle de se faire agresser physiquement. Cela ne m’a jamais poussé à voter à droite, ni à demander plus de flics dans les rues. Mais cela m’incline à voir avec empathie le mouvement de Saint-Lazare, et à considérer avec encore plus de méfiance la droite et ses discours. Les gens du service public méritent vraiment d’être protégés. Je suggère modestement à la gauche d’y réfléchir.
RV
Illustration : Kiki

Heureux les habitants de province…
1ville1poeme, à la prochaine visite, essayez de communiquer un peu… non ?
Dois-je exprimer le fond de ma pensée ?
Ben oui, exprimez !
Coucou les Posuto !
Je ne suis ni prof, ni conductrice de train, mais je me suis vaguement pris la tête avec deux bonnes femmes dans le bus (d’une compagnie privée) hier, précisément à cause de la grève. Une des deux n’a rien trouvé de mieux à répondre que “Oui, ben nous quand on se fait agresser, on fait pas grève !”. Rien que d’y repenser, je suis furieuse. Et surtout, je ne comprends pas où on va, quand les gens autour de moi pensent tous plus ou moins comme ces deux affreuses bonnes femmes (y compris certains qui se prétendent “pour” le droit de grève)…
Bises et bonne journée à vous deux !
Fermez les gares, les dépots de bus, les aéroports… et transformez donc les flics en conducteurs de trains, d’autocars et d’avions : vous aurez résolu le problème du manque d’effectifs dans les services encore publics pour partie.
Et comme tout ira comme sur des roulettes, on verra moins d’uniformes dans les rues !
Flo Py, coucou aussi, on a entendu un PDG dire à la radio “moi quand un de mes employés est agressé, la boîte elle tourne quand même”. Degré Zéro de la réflexion politique…
Dominique, espèce de vilain ultra gauchiste va !
RV
Mise à jour proposée par Nicolas S. qui souhaite rester anonyme : la droite souhaite le désordre, et des excuses…
Pardon, Nicolas S. Mes excuses. Bien sincères. Et si Eric Besson est muté ailleurs, pensez à moi n’est-ce pas…
“Le problème actuel de la classe politique, c’est qu’il ne s’agit plus de gouverner, mais d’entretenir l’hallucination du pouvoir, ce qui exige des talents très particuliers. Produire le pouvoir comme illusion, c’est comme jongler avec des capitaux flottants, c’est comme de danser devant un miroir….”
Jean Beaudrillard in Cool memories/les longs éclairs du déluge initiale/octobre 1983.
La minute de l’affreux Réac (de gauche, si, si, je vous assure!)
L’uniforme policier un peu partout, ça ne me gêne pas du tout.
Ce qui me gêne c’est ce qu’on fait faire au type qui en est vêtu. Protéger tant le chauffeur de bus que la petite mamie qui sort de la poste avec son retrait d’un mois de pension, très bien. Faire du chiffre, rouler des mécaniques pour satisfaire les bas instincts de certains, non.
Au fait à Meaux, un chauffeur de bus d’une compagnie privée a été agressé, ça a entraîné deux jours non de grève mais de droit de retrait.
Donc dans le privé, malgré le fait que la répression est plus facile et plus fréquente, il arrive aux salariés de faire preuve de conscience de classe. Et à d’autres (les deux “bonnes femmes” de Flo d’avoir sûrement la trouille pour leur job. Réconfortant dans un cas, compassion dans l’autre.
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Coucou, les Posuto ! Désolé, cela fait un mois presque que je délaisse linternet…
Mais là, mon sang ne fait qu’un tour. Pas pour les cheminots, ils se défendent. Mais j’ai peur pour les postiers, et bientôt, pourquoi pas, les enseignants… Les facteurs, ils vont relever les compteurs de gaz pour Butagaz, boîte privée. Attention les profs, bientôt ils vont vous faire conduire les bus, accueillir les mémés au guichet des pensions, etc.
Sérieusement, quand je pense qu’il y a 2 ans on nous expliquait que EDF devait se séparer de GDF, car métiers différents ! Aujourd’hui, ils forment les facteurs au contrôle des citernes de gaz. Et les gaziers, ils vont balayer les rues, vider les poubelles ?
Je rêve…
Je crois bien, après tant d’années d’observations politiques, que la radicalisation d’un État passe toujours par l’imposition d’un bâillon aux groupes de pression qui troublent la quiétude des pouvoirs publics. Tiens donc. Ce qui m’apparaît plus insupportable est de voir que cette radicalisation touche tous les aspects de la vie. Le droit de grève ? Hop! « S’il y a des faiblesses dans la loi votée par le Parlement, nous les changerons par la loi », menace le président. Vous avez raison RV, le président a peur. Autrement, pourquoi ne supprime-t-il pas tout simplement les syndicats dans le service public ?
Monsieur Sarkozy a une haute estime de lui-même et une faible estime des Français. Il pourrait même citer cette phrase captée dans le film 1984 d’Orwell, réalisé par Michael Radford : « Vous ne possédez rien, en dehors des quelques centimètres cubes de votre crâne ».
Pierre R.
Totem, votre citation si brillamment trouvée (et visionnaire : 1983 !) me réjouis, merci beaucoup !
Benjamin, on sent plus en vous la gauche que le réac’, je vous assure !
André, nous ne devons jamais nous rendre de compte, vous êtes pardonné car vous n’êtes pas accusé ! C’est la liberté de circuler, de venir ou pas sur nos espaces. Je ne suis pas allé depuis un moment chez vous ! Pour en revenir au fond de votre commentaire, j’ai honte que mes collègues soient si mous et résignés, car je suis entièrement d’accord avec vous !
Pierre, ouah, le trait définitif : voilà une citation et une exécution que je ne suis pas prêt d’oublier, merci !
RV
le travail de la droite n’est pas de résoudre quoi que ce soit en matière sociale, mais de faire en sorte que le social n’interfère dans la bonne gestion des affaires de ses amis.
En gros, leunamme, je pense que vous avez vu juste. J’enlèverais “de ses amis”, car à gauche, on a souvent vu hélas les amis recevoir des avantages aussi…